"Vous risquez d'être déçu, vous savez : nous n'avons pas fait grand chose", prévient Jean Caugant. "Nous avions 20 ans", "l'âge de l'inconscience", renchérissent ses deux camarades. Mars 2012.

"Vous risquez d'être déçu, vous savez : nous n'avons pas fait grand chose", prévient Jean Caugant. "Nous avions 20 ans", "l'âge de l'inconscience", renchérissent ses deux camarades. Mars 2012.

 Les trois hommes ont connu le feu mais n'ont pas tiré, n'ont pas tué, du moins directement. Michel Granger (ici en photo) était affecté à la maintenance : il réparait le matériel tombé en panne à la caserne ou sur les lieux d'opération. Mars 2012.

Les trois hommes ont connu le feu mais n'ont pas tiré, n'ont pas tué, du moins directement. Michel Granger (ici en photo) était affecté à la maintenance : il réparait le matériel tombé en panne à la caserne ou sur les lieux d'opération. Mars 2012.

 Bernard Méa participait en hélicoptère aux transports de troupes et à l'évacuation sanitaire des blessés. Mars 2012.

Bernard Méa participait en hélicoptère aux transports de troupes et à l'évacuation sanitaire des blessés. Mars 2012.

 "On a longtemps occulté les mauvais aspects et aujourd'hui, par un retour de balancier, on les met trop en avant", estime Bernard Méa. Mars 2012.

"On a longtemps occulté les mauvais aspects et aujourd'hui, par un retour de balancier, on les met trop en avant", estime Bernard Méa. Mars 2012.

 Jean Caugant est arrivé à Oran au printemps 1956. Rappelé deux ans après avoir fini son service, ce Breton, marin, guidait les avions qui larguaient leurs missiles. Mars 2012.

Jean Caugant est arrivé à Oran au printemps 1956. Rappelé deux ans après avoir fini son service, ce Breton, marin, guidait les avions qui larguaient leurs missiles. Mars 2012.

 Les massacres de villageois, la torture, les "corvées de bois" ? "On savait sans savoir. On ne voulait pas voir", explique Bernard Méa. Ici, un tract de propagande adressé aux combattants du FLN pour qu'ils rejoignent l'armée française. Mars 2012.

Les massacres de villageois, la torture, les "corvées de bois" ? "On savait sans savoir. On ne voulait pas voir", explique Bernard Méa. Ici, un tract de propagande adressé aux combattants du FLN pour qu'ils rejoignent l'armée française. Mars 2012.

 "Nous défendions des choses qui ne nous regardaient pas", considère Michel Granger, parti d'Algérie à l'automne 1962. "J'ai moins perdu la guerre que mon temps", estime-t-il aujourd'hui. Mars 2012.

"Nous défendions des choses qui ne nous regardaient pas", considère Michel Granger, parti d'Algérie à l'automne 1962. "J'ai moins perdu la guerre que mon temps", estime-t-il aujourd'hui. Mars 2012.

 A leur retour, les trois amis se sont mariés, ont pris en marche le train des Trente Glorieuses, du plein emploi et se sont tus. "La France n'avait pas envie de savoir. Elle voulait oublier", rappelle Michel Granger. Mars 2012.

A leur retour, les trois amis se sont mariés, ont pris en marche le train des Trente Glorieuses, du plein emploi et se sont tus. "La France n'avait pas envie de savoir. Elle voulait oublier", rappelle Michel Granger. Mars 2012.

 Ils sont revenus, sains et saufs. Ils sont revenus et se sont tus. Trois amis de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), Michel Granger, 71 ans, Bernard Méa, 75 ans, et Jean Caugant, 79 ans, partagent un passé commun: ils ont fait la guerre d'Algérie en tant qu'appelés du contingent. Mars 2012.

Ils sont revenus, sains et saufs. Ils sont revenus et se sont tus. Trois amis de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), Michel Granger, 71 ans, Bernard Méa, 75 ans, et Jean Caugant, 79 ans, partagent un passé commun: ils ont fait la guerre d'Algérie en tant qu'appelés du contingent. Mars 2012.